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Combien j'ai tort...

Lundi 19 mai 2008
Je viens de lire un article sur le site du Figaro (et oui, je ne lis pas que le Monde) sur l'apparition d'abréviation issues des SMS dans les copies des lycéens. Par pure perfidie, quand j'ai passé mon baccalauréat, on parlait déjà des jeunes qui ne savent plus écrire français, qui font des fautes parce qu'ils ne lisent plus et n'ont pas appris comme les générations passées à respecter scrupuleusement les règles d'orthographe et de syntaxe de la langue française.

Avec le baccalauréat qui approche, la réforme récente des programmes scolaires du primaire, inutile de préciser qu'un tel sujet fait figure de marronnier et d'exemple du déclin français (pour ceux qui considèrent que la culture française est sur le déclin). Mais quand on constate des erreurs dans les articles publiés par les grands quotidiens comme Libération, le Monde ou le Figaro, on peut être mauvaise langue et dire que les problèmes de maîtrise de l'orthographe et de la syntaxe ne concernent pas seulement les futurs ou jeunes bacheliers.

La qualité de la réflexion passe également par l'orthographe et son respect concerne tous les utilisateurs de la langue: cela explique aussi pourquoi il est plus ou moins impossible d'être parfaitement bilingue. L'orthographe et la syntaxe permettent (au delà d'enquiquiner les jeunes générations) d'avoir une précision la plus grande possible pour se faire comprendre. Il faut donc se méfier des spécificités de vocabulaire propres à chaque domaine de réflexion ou d'étude: ainsi, même si pour les mathématiciens parler d'égalité homme-femme est totalement absurde, c'est l'expression utilisée en sciences humaines.
par Suzanne publié dans : Presse
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Vendredi 16 mai 2008
Même si vous n'avez jamais lu une ligne de droit des étrangers de votre vie, allez lire le dernier article sur le blog de Maître Eolas (dont le blog est en lien sur le module à droite).

Un nouvel exemple de comment la France et son administration traite les personnes illégalement présentes sur le territoire.
Je pense que les juristes, les philosophes et les citoyens ont là matière à débattre (sans s'entre tuer, ce devrait être possible).
par Suzanne publié dans : Politique
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Mercredi 14 mai 2008
Rassurez-vous, je ne vais pas faire un plaidoyer pour la télévision et sa qualité légendaire... Ce serait quelque peu contradictoire quand on sait ce que je pense de la qualité éducative et/ou intellectuelle de la télé [cela n'a jamais été son rôle].

Voilà: comme je n'ai pas regardé la télé depuis plusieurs semaine, je suis passée à coté d'une information capitale. Il faut se rappeler que je suis jusqu'à fin juin à Grenoble, qui est une ville pleine de jeunes et d'étudiants qui adorent le foot. Et que mon immeuble est plein de jeunes qui aiment le foot, les soirées foot et exprimer à haute voix sa satisfaction ou son désespoir footballistique.

Et le mois prochain, il y a l'Euro 2008: la compet' où des clubs européens se rencontrent... et un France-Italie est prévu (en match de poule). Et un France-Italie ne se vit pas de la même façon à Grenoble et dans le reste de la France.
Or le foot de (soit disant) et moi, on a du mal à s'entendre... Inutile de dire que les soirées bière-pizza devant le foot perdent tout intérêt face à un bon bouquin, du ciné ou une grande déconade entre amis.
par Suzanne publié dans : Futilités
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Lundi 12 mai 2008
Si vous lisez le Monde en ligne, vous avez remarqué que certains articles sont accompagnés d'une fenêtre appellant les lecteurs vivant un évènement à apporter leur témoignage (ex: les affrontements au Liban depuis quelques jours, le tremblement de terre en Chine...).

Cela laisse sous entendre que les correspondants du Monde sur place n'ont pas accès à l'information leur permettant de faire des articles pertinants, expliquant ce qui se passe et en expliquant les causes et les conséquences probables des problèmes sous-jacents.
A mon sens, pour informer d'un évènement, il faut répondre à la question des 6 "Q" (qui, quoi, quand, pourquoi, comment, conséquences): or, l'appel à témoignage ne semble pas apporter à un tel article tellement de matière.

Souvent, les témoignages peuvent être contestés du fait des partis pris des uns et des autres, qu'il soit revendiqué ou intériorisé. Pour ce qui vient de se passer au Liban, les témoignages qui seront recueillis montreront surtout les différentes interprétations partisanes des évènements.


Cette démarche d'appel au témoignage peut aussi être vue comme surfant sur le thème à la mode du journalisme citoyen: celui qui vit les évènements peut en témoigner, les analyser et cette analyse aurait (au moins) la même valeur que les analyses faites par des professionnels, à savoir les journalistes.

L'appel à témoin lancé par le Monde me plonge donc dans la plus grande perplexité, perplexité qui rejoint mon questionnement sur la pertinance des commentaires aux articles possibles dans les différents journaux français comme le Monde, le Figaro et Libération. Ce n'est pas tant le commentaire à l'article ou le témoignage d'une situation vécue qui m'interroge, car ils peuvent être intéressants à la condition de ne pas les considérer au delà de ce qu'ils sont des déclarations individuels souvent écrites sous le coup de l'émotion voire avec un but partisan (politique, idéologie...). C'est leur intérêt dans une interprétation objective des faits et le lien plus que douteux avec un but d'(in)formation des lecteurs.
par Suzanne publié dans : Presse
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Samedi 10 mai 2008
  Dont voici le texte du quatrième de couverture:
"Les médias français se proclament " contre-pouvoir". Mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un journalisme de révérence, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence. Alors, dans un périmètre idéologique minuscule, se multiplient les informations oubliées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices, les services réciproques. Un petit groupe de journalistes omniprésents - et dont le pouvoir est conforté par la loi du silence - impose sa définition de l'information-marchandise à une profession de plus en plus fragilisée par la crainte du chômage. Ces appariteurs de l'ordre sont les nouveaux chiens de garde de notre système économique."

A noter: la maison d'édition Raison d'agir a publié différents ouvrages de Bourdieu et différents travaux de recherche allant à l'encontre de la pensée libérale (économique et politique) contemporaine.

Quelques petites informations sur l'auteur:
Il est journaliste au Monde diplomatique (donc vous pouvez l'accuser d'être un affreux gauchiste pro chavez, c'est dans l'air du temps) dont il est directeur de publication depuis mars 2008.
Il a un doctorat en sciences politique de l'université de Berkeley et a enseigné à Paris 8 dans la seconde moitié des années 1990.
Quelques uns de ces ouvrages:
À l'américaine, faire un président, 1992
Quand la gauche essayait
, Arléa, 2000.
L'Opinion, ça se travaille…
, 2000


|mise à jour]

Maintenant que j'ai fini ce livre, voici rapidement ce que j'en pense:

1. il faut lire ce livre: la dénonciation faite des comportements et des logiques sous tendant la pratique actuelle du journalisme est acide, mais pas fausse. Tout le monde connait tout le monde et personne ne veut fâcher un ami, l'ami d'un ami ou un camarade de promo.

2. L'influence de la pensée boudieusienne est importante, ce qui -pour moi- n'enlève rien à la pertinence de la théorie de l'auteur selon laquelle le journalisme actuel est (re)devenu un journalisme de cour, fondé sur la connivence entre les journalistes, les grands patrons les politiques et les intellectuels. Si Bernard Henri Lévi et autres vous hérissent le poil, ce livre donnera encore du grain à moudre à votre moulin.

3. Serge Halimi a écrit un autre livre depuis Le grand bond en arrière qui poursuit la réflexion sur ces relations "incestueuses" entre presse (écrites, radio...), les intellectuels, les politiques et les grands patrons, relations qui conduisent à un retour sur les acquis sociaux du XXième siècle. Quand j'aurai un peu plus de temps, je le lirai pour voir comment sa réflexion évolue et comment il peut l'appliquer à un cadre plus général que celui du journalisme français.

Toutes mes excuses pour les ratés de couleur d'écriture, Over-Blog fait des siennes.
par Suzanne publié dans : Presse
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Jeudi 8 mai 2008
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/09/CORM/13912

Il s'agit d'un article relativement récent de George Corm et qui me semble toujours d'actualité.

A chaque flambée de violence au Liban, les mêmes mécanismes se mettent en place: on vérifie les amitiés entre groupes libanais et puissances extérieures (sunnites et Arabie Saoudite, chiites et Iran, chrétien et occident), on regrette qu'immédiatement ce soit l'aéroport qui soit bouclé (d'ailleurs, pourquoi est-ce qu'il n'y a qu'un aéroport, fréquemment bloqué? pourquoi ne pas  en ouvrir un autre "de secours " en quelque sorte?) et on espère que cela ne va pas trop mal se passer...

Si j'étais
de mauvaise foi, je dirais que les échecs politiques et économiques du Liban arrangent tout le monde au Liban et à l'étranger. Le modèle politique libanais est complexe, parfois absurde et ses dysfonctionnements ont des conséquences particulièrement dramatiques.
Si tous les deux ans, il y a des affrontements armés entre groupes nationaux ou contre des armées étrangère, comment le Liban  pourrait-il se reconstruire et se développer?
par Suzanne publié dans : Débats
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Mardi 6 mai 2008

On te dit « la chance, tu dois faire du ski tout le temps ! »

Tu sais que la Bastille ce n’est pas que le théâtre de la Révolution française

Tu mets des « y » partout quand tu parles

Tu ne t’es pas extasié(e) quand Marseille, Lyon, Clermont Ferrand etc. ont eu le tram, t’as grandi avec.

Tu peux croiser Calogero, Sinsemilia et Melissa Theuriaux Place Victor Hugo

Tu sais qui a déchiffré les hiéroglyphes

Tu vas à Ikéa tous les week end

Tu te dis que tu pourrais facilement habiter sur Paris vu que les prix des loyers sont presque les mêmes

Tu prends ton mal en patience quand il neige trois jours de suite, tu ne prends pas trois jours de congé, cloîtré(e) chez toi

Tu connais forcement quelqu’un qui a connu un Résistant.

Tu sais que La Table Ronde est le deuxième plus vieux café de France (1739) après le Procope à Paris

Tu sais comment frauder le tram mais pas le bus

Tu sais que Val d'Isère ça n'est pas en Isère

Tu es fier(e) que John Candy mentionne les JO de 68 à Grenoble dans Rasta Rockett.

Tu as déjà eu un RDV devant la Fnac

Tu dis "craulles " et non pas "CrOlles

Tu dis "c'est à chailles" et tu ne fais pas référence à la ville

Dans un magasin tu vérifies toujours la provenance des noix proposées à la vente.

Tu trouves ça normal de te réveiller et de regarder les montagnes par la fenêtre.

T'as au moins un truc Queshua

Tu ne demandes pas qui est Pilo quand quelqu'un te dit qu'il est "mort pilo" tu pries juste pour pas qu'il de vomisse dessus

T'évites toujours de passer en bagnole par la Place Grenette surtout un mercredi ou un samedi après midi

Tu manges un "bichoco" et non pas un "choco BN"

Tu penses que tout ce qui est situé au-dessus de Grenoble, c'est le nord de la France

T'as remarqué la ligne B a toujours les beaux trams

Tu sens l'odeur des churros tout gras en face de Zara, et que tu te dis "ça sent bon quand même!"

Tu mets des "quand même" à la fin de chacune de tes phrases


Tu sais que le Subway est toujours plein alors que le Champollion est toujours vide

Tu dis que tu va manger "au camion", tu sais que ce n’est pas dans un camion

Tu dis "ménant" à la place de maintenant


Tu sais que si on n’avait pas eu le tram, on aurait peut-être eu le seul métro aérien de France

Tout le monde te dit que t'as un accent et toi tu soutiens que ce n’est pas vrai.

Tu peux aller au Pôle Sud sans prendre le bateau ou l'avion.

Tu sais où c'est "la rue d'Arthaud" et que ce n’est pas une rue inscrite sur la carte



Tu galères pour t'habiller parce qu'il fait -5° le matin et 25° l'après midi

Tu sais que le rabot ce n’est pas juste un outil de menuiserie mais que c'est l'endroit où tu trouves le plus d'étudiants qui font du stop pour monter.

Pour toi l'Arlequin, c'est ni un personnage de théâtre, ni des bonbons, c'est un quartier

Tu sais que les 3 tours de l'île verte sont les plus hautes de Grenoble

Tu t'es déjà étalé(e) au soleil dans l'herbe du jardin de ville

Tu sais que avant Hot Radio s'appelait Belledonne FM et qu'en plus d'avoir eu du mal à t-y faire, tu trouvais ça mieux avant

Tu sais que EVE ce n’est pas seulement un prénom, c'est aussi l'Espace Vie Étudiante du Campus.

Tu sais que le tram A passe deux fois moins souvent que le B

Tu dis que tu vas à la Nef Chavant alors que c'est un Pathé

T'es dégoûté(e) qu'on ait renommé une partie du Cours Jean Jaurès le cours de la Libération juste pour que personne puisse dire que c'est la plus longue avenue de France et que ça fasse pas d'ombre aux Champs-Élysées

T'as compris que Grenoble avait la plus grosse communauté italienne de France le soir de la finale de la Coupe du Monde 2006 quand les rues étaient pleines de gens trop contents.

Tu sais que pour manger une pizza, il suffit d'aller sur les quais et de choisir une des 20 pizzerias

Tu sais qu'au bout de chaque rues tu verras une montagne, comme a dis l'écrivain dont tu as lu tous les bouquins

Tu sais que pour la fête de la musique les groupes de hip hop sont place de Verdun, le jazz dans les rues du centre ville et que les gens bourrés sont un peu partout

Tu sais que le matin, si tu vas au campus avec le tram B tu risques de mourir asphyxié(e) tellement t'es serré(e).

Tu sais que Grenoble c'est entre La Tronche et Seyssins

Tu réponds "il est ET VINGT!" à "c'est quelle heure?"


Tu sais dire s'il neige ou pleut en montagne rien qu’en les regardant....

par Suzanne publié dans : Futilités
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Dimanche 4 mai 2008

Je poste une fiche de révision sur la question des relations entre le Liban et Israël: vu la portée du sujet, tout le monde peut à mon avis, se considérer comme légitime à donner son avis et son sentiment sur la question (et sur ce que j'écris).

Tout en restant poli, bien sûr!

 

Les relations entre le Liban et Israël sont déterminées par un ensemble de points d’affrontement :

·         La question de la maîtrise des ressources hydrauliques,

·         La question de la détermination de la frontière commune (où la Syrie est également partie) et de la sécurité de part et d’autre,

·         La question de la coexistence entre deux modèles d’États ; l’un uni-religieux, développé et dont le fonctionnement institutionnel est pérenne, l’autre confessionnel, subissant encore les conséquences d’une guerre civile de 15 ans et d’une crise politique profonde remontant au retour des assassinats politiques.

Il apparaît ainsi que les relations entre le Liban et Israël portent sur deux fronts. Le premier concerne la coexistence au quotidien de deux États fondés sur des principes et des pratiques politiques différentes. Le second concerne les réactions de l’un et de l’autre dans un contexte de conflit plus ou moins ouvert, lié à un passé particulier et  face aux actions du Hezbollah et à l’influence de la question palestinienne.

 

1.     L’organisation des non-relations entre le Liban et Israël est déterminée par un ensemble de questions politiques tant nationales que régionales et internationales.

 

a.      Les caractéristiques nationales de l’un et de l’autre déterminent les enjeux des relations entre le Liban et Israël.

 

·         Le Liban : État confessionnel (l’attribution des fonctions politique se fait par critère religieux, 17 confessions reconnues), indépendant depuis 1943 (proclamation le 22 novembre), guerre civile de 1975 à 1990, auparavant considéré comme la Suisse du Moyen Orient (Liban comme port du Moyen Orient avec Tripoli-Beyrouth-Tyr), crise politique depuis novembre 2007 (échecs des tentatives successives d’élection d’un nouveau président de la République) et question des assassinats politiques (Hariri en 2005, Pierre Gémayel en 2006, Gebran Tunéi en 2005).

 

·         Israël : État uni-religieux, indépendant depuis 1948 (proclamation le 14 mai), développé (en 2003, 22° rand IDH- 81° pour le Liban), guerres fréquentes contre voisins depuis création (1948-1949, 1956, 1967, 1973, 1978, 1982,1987, 2006), régime politique stable.

 

b.      Des problématiques propres à l’un et à l’autres mais liées influencent les relations entre le Liban et Israël.

 

·         La question palestinienne 

 

·         La question du Hezbollah 

2.       L’avenir des relations entre le Liban et Israël dépendent de facteurs nationaux mais aussi internationaux.

 

a.      La normalisation des relations entre Israël et ses voisins et la résolution de la question palestinienne sont autant d’enjeux pour une paix durable pour Israël mais aussi au niveau régional.

·         L’enjeu crucial de la « pacification » des relations entre Israël et ses voisins

 

·         L’enjeu du processus d’Annapolis de 2007

 

b.      L’action de puissances étrangères au Liban et les liens entre Israël et les États-Unis doivent être pris en compte pour porter un regard juste sur les évolutions à venir des relations entre le Liban et Israël.

 

·         Le rôle de la Syrie et de l’Iran au Liban face à la question des liens entre le Liban et les pays occidentaux 

·         Des liens entre Israël et les États-Unis à double tranchant

par Suzanne publié dans : Vie étudiante et cours
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Vendredi 2 mai 2008

Pour information, pour certains je suis quelque peu maniaque de la propreté et du rangement (mais moins que mon maître qui se reconnaîtra), à mon avis mon clavier et la cuvette de mes WC sont aussi propres l'un que l'autre.

Après cette entrée en matière totalement nécessaire, n'est-il pas, rentrons dans le vif du sujet: l'étude qui est sortie récemment et qui a fait la une de Yahoo!. Il s'agit d'un test fait dans une entreprise qui concluait que la quantité et la dangerosité des bactéries présentes sur les claviers d'ordinateurs pouvait être de l'ordre de ce que l'on trouve dans les WC.

Quelques remarques:
1. on va javelliser les PC ça ira plus vite,
2. on est sensé pouvoir faire face aux bactéries, non?
3. un minimum d'hygiène ne fait pas de mal: on ne mange pas sur son clavier, on enlève les miettes...

On est là au cœur d'une tendance problématique de notre société: la tolérance 0 du microbe, de la bactérie, de la saleté... Tout doit être aseptisé! Comme nos rapports avec autrui, ne pas crier, ne pas juger, ne pas condamner, être d'accord, ne pas critiquer, ne pas tenir à ses pensées propres...

On marche sur la tête, non?

par Suzanne publié dans : Futilités
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Jeudi 1 mai 2008
Dans notre bonne campagne française, s'il arrive qu'on soit végétarien-ne, ou gay, ou lesbienne, il y a une vertu qu'on attend particulièrement de nous. La discrétion.
 
Qu'on fasse des choses bizarres dans notre cuisine ou dans notre lit, mais qu'on ne s'avise surtout pas d'en parler en famille, de se montrer heureux/se de ce qu'on est, de parler des bienfaits de notre mode de vie sur l'environnement (pour le végétarisme). A moins qu'on ne souhaite se faire taxer de prosélytisme aigu, voire d'exhibitionnisme.
 
Notre oncle pratique le tir à la carabine et s'étend à chaque fois qu'on le voit sur les joies de cette activité. Notre cousine a sa carte au PS et raconte ses expériences dans ce milieu. Notre grand-oncle tue des cochons et vante la qualité de la charcuterie qu'il fabrique avec la chair de ces animaux. Que de bien normal, toutes ces personnes parlent de ce qui leur tient à coeur.
Mais quand on est végétarienne, chhhhhhhhhhhhhhhhuuuuutttttttttttttttttttttttttttttt! 
Bouche cousue est mère de respectabilité.
 
Pour que notre végétarisme soit toléré, il conviendra que nous poussions délicatement, dans le coin de l'assiette, les morceaux de lardons qui se sont glissés dans la tarte aux légumes qu'on nous sert, sans en faire tout une affaire. Mais qu'on réponde au petit cousin qui s'interroge, qu'on ne mange pas les animaux parce qu'ils veulent vivre, tout comme nous, parce qu'on les fait souffrir beaucoup dans les élevages et les abattoirs, que lui ne mangerait pas son petit chien qu'il aime beaucoup; qu'on glisse dans une conversation sur Léonard de Vinci que le grand homme était végétarien, par conviction, et qu'on en profite pour ajouter que le président du GIEC, Prix Nobel de la Paix, l'est aussi pour des raisons écologiques, et que le végétarisme est l'une des manières les plus efficaces pour réduire son empreinte climatique, non et non! Si on ose se comporter ainsi, le verdict va tomber, implacable: vous, les végétariens, vous voulez imposer votre végétarisme à tout le monde. Vous êtes sectaires. Vous êtes intolérants. Vous êtes extrémistes.
 
De même, si on se trouve être attiré-e par les personnes du même sexe que nous (on va dire "sexe" pour faire bref), il vaudrait mieux ne pas en parler aux enfants, pour ne pas leur donner des idées. Ni aux personnes âgées (il ne faudrait pas les choquer). Si notre soeur ou notre frère se marie, en grande pompe, il serait préférable que notre compagne/on ne soit pas présent-e. Ou alors, en toute discrétion. Surtout, ne pas s'exhiber. Pas de geste d'affection, pas de mot doux, pas de déclaration explicite à autrui. Les mariés sont légitimes, les couples hétéros le sont, les couples homos doivent disparaître de la vue de tous. 
 
Heureusement, quand on vit dans une capitale comme Paris, on peut rejoindre des groupes de gens comme nous, et on peut manifester sa fierté d'être ce qu'on est. Je trouve que cela a un sens pour les minorités opprimées de s'affirmer ainsi. On peut dire "Je suis fière d'être noire"; "je suis fier d'être gay"; "je suis fière d'être végétarienne". Mais particulièrement, je crois, on peut être fière d'être végétarienne parce qu'à la différence de la couleur de la peau ou de l' attirance sexuelle, on a choisi de prendre cette position, suite à une réflexion qu'on a menée. On a choisi de se positionner contre une société qui instrumentalise les animaux sans aucun état d'âme, et on peut le dire la tête haute.
 
Parce qu'on a dû lutter contre les critiques incessantes des gens qui disaient qu'on allait finir anémiée, qu'on était moralisatrice, qu'on était irréaliste, qu'on cassait les pieds de ceux qui nous invitaient à manger...
Parce que par fidélité à nos convictions, on a subi les menus misérables des cantines pendant des années, une fois la viande et le poisson retirés, et en conséquence, le ventre qui gargouille, la faim qui travaille dans l'après-midi...
Parce que chaque jour, à chaque instant, on voit les autres, tous les autres, tout le monde, se remplir la panse de chair souffrante, maltraitée, des animaux de batterie qui en ont bavé toute leur vie, et que ça nous donne envie de pleurer en pensant à toutes ces pauvres bêtes, mais qu'on s'efforce de garder bonne figure parce que sinon, on sait ce qui nous attend: nous "transpirons la sensiblerie"; nous "prêchons comme des missionnaires"; nous "sommes aigri-e-s et désagréables"...
 
Pour toutes ces raisons, on a le droit de dire "je suis fière d'être végétarienne!". C'est un droit que nous devons revendiquer. Nous devons nous montrer, dire nos convictions, exprimer nos valeurs.
 
Justement, le samedi 17 mai 2008, à Paris, c'est la Veggie Pride, la manifestation de la fierté des végétarien-ne-s et végétalien-ne-s. 
par Elodie publié dans : Invités
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